
LES FINES GUEULES…
OU L’ART DÉLICIEUX DE CÉDER À LA TENTATION !
Lyon 2026, nous sommes de retour pour le Spirit International Trophy, deux ans déjà depuis notre précédente visite, autant dire une éternité à l’échelle d’un coup de fourchette. À l’époque, on avait enchaîné les excellentes tables, mais il y en a une qui nous avait laissé un souvenir façon courant alternatif 380 volts direct dans les papilles ! Autant dire qu’on n’a pas hésité longtemps avant d’y retourner.
Je pousse la porte, Joël est au comptoir, il me dévisage avec un sourire naissant mais légèrement perplexe qui pourrait dire « Caramba ! Mais ils sont de retour ! ». Oui Chef, on est là et on commence chez toi, parce qu’on a de la suite dans les idées… et dans l’estomac !
Salle comble, visiblement, on n’est pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. Direction l’étage par l’escalier à simple circonvolution hélicoïdale (oui, je sais, ça en jette toujours !) Installés entre le bar de la cuisine et les marches, en immersion totale… presque en cuisine, presque en spectacle vivant.
L’équipe est au complet, la même qu’il y a 48 mois ! Joël Salzi et son équipe, pour sûr, vont s’occuper de nous ! Et là… BOUM ! Première salve de Communards. On est repartis en 1871, ambiance barricades et révolution liquide. Vive l’insurrection ! « On a vidé nos verres, c’est la faute à Voltaire, et on n’a pas bu d’eau, c’est la faute à Rousseau ! » Les renforts arrivent avec des Gratons, de la Cervelle des Canuts et de la Rosette de Lyon ! On tient la position. On redemande une salve. Et là ; traîtrise magnifique : des os à moelle gratinés à la moutarde débarquent. « C’est juste pour goûter », qu’il dit le Joël ! Bien sûr Chef, comme si on savait faire “juste goûter”. Et on n’a même pas commencé à manger !
Pour les ceusses qui auraient oublié… Le Communard, à Lyon, c’est un apéritif-maison composé de vin rouge frais auquel on ajoute de la crème de cassis, de la crème de mûre et de la crème de framboise… C’est tout bonnement délicieux ! Si vous vous baladez du côté de la Bourgogne, vous le retrouverez mais sous l’appellation « Cardinal ».
Puis vient le moment sérieux. Enfin, façon de parler… En entrées : Œufs frais pochés en « Meurette », Fine Terrine maison de foies de volaille vinaigrette à l’ancienne, et pour Bibi Fricotin ; Terrine de queue de bœuf maison et son mesclun ! Du côté des plats : Pieds de cochon patiemment désossés et panés, Tête de veau et langue de bœuf sauce Gribiche, et Andouillette Lyonnaise de fraise de Veau, sauce à la graine de Moutarde !
Verdict ? Tout est exceptionnel. Mention spéciale à la sauce gribiche… une vraie succube, fille de Satan, séduisante, démoniaque, et clairement pas envoyée par le service diététique.
Côté liquides (parce qu’il faut bien hydrater tout ça) : carte blanche à Joël ! On voyage entre Gamay volcanique, Pinot noir un peu rebelle et un Rhône qui joue les équilibristes entre rouge et blanc. Autant dire qu’on a brillamment validé la théorie des fluides appliquée avec un Gamay « La Côte Basaltique », un côte du Forez, le Clos de Chozieux, ensuite Pinot noir de Saint-Julien, un peu atypique pour la région, gourmand, frangipane, cerise noir, fraicheur, belle acidité, et pour terminer un Lou Moustachon Piaugier de 2023, vin du Rhône Méridional de Gigondas, un mélange de rouge et de blanc, le blanc est du Grenache, et le rouge du Merlot.
Petits cafés et infidélités à la Chartreuse ce midi… Joël nous propose dé découvrir la Maison Jacoulot avec une liqueur de Marc de Bourgogne, un « Le Bouchon », Médaille d’Or à Paris en 1900, et un cinquante/cinquante, à savoir de la liqueur de Marc de Bourgogne pour moitié, et du Marc de Bourgogne pour autre moitié, également de chez Jacoulot, un mélange moitié-moitié qui te fait reconsidérer toutes tes décisions de ta vie.
On va s’arrêter là car dans quelques heures on remet le bouchon dans un autre bouchon ! Ils sont fous ces Bouchaulois !

