
L’AUBERGE DU LAMINAK…
QUAND LE SUD-OUEST S’INVITE AU CŒUR DES ARDENNES !
Après une soirée et une nuit à Sedan, ponctuées par une conférence fascinante sur la montée des populismes et par la rencontre fortuite des Miss du prix d’excellence Champagne-Aquitaine à l’hôtel du Fort de la ville éponyme, nous reprenons la route vers notre étape de midi. J’avais repéré un restaurant mettant à l’honneur la cuisine du Sud-Ouest et, cerise sur le gâteau, distingué d’un BIB Gourmand Michelin. Réservation immédiate à l’Auberge du Laminak, donc.
Nous arrivons à 11h55, porte close ! Eh oui, ici, “l’heure c’est l’heure” : avant l’heure, ce n’est pas l’heure, après l’heure, c’est trop tard. Moralité : ponctualité ou rien, on ne plaisante pas avec les tocantes ! Heureusement, nous sommes les premiers. J’en profite pour capturer quelques photos du lieu : décor assez minimaliste, presque spartiate, mais diablement charmant. L’accueil, lui, se veut chaleureux, et Dame patronne nous installe près de l’imposant feu de bois, ajoutant un petit supplément de charme au décor.
Située à Montcy-Notre-Dame, en bordure de forêt et au cœur des boucles verdoyantes de la Meuse, l’auberge est une reprise d’une ancienne maison par le chef André Vaquero, Basque dans l’âme et dans l’ADN, et son épouse. La cuisine y fusionne les produits locaux des Ardennes et les influences basques, un mariage terroir-montagne parfaitement maîtrisé, généreux et savoureux, avec ce petit accent du Sud-Ouest qui chatouille les papilles.
La carte est simple mais bien pensée, pas de tralala gastronomique tape-à-l’œil, juste une cuisine de qualité, fidèle au marché, conviviale et accessible. L’ambiance, rustique mais accueillante, fait la part belle à la nature. Un lieu cosy, reposant, parfait pour manger au vert… sans finir en anguille frétillante !
A table ! Première surprise, les mises en bouche sont servies par le chef lui-même. Une belle occasion de le saluer, car ensuite, il sera seul aux fourneaux, épaulé d’une aide à la plonge, et son épouse seule en salle, pour une trentaine de couverts. Impressionnant : ça court, ça galope, pas le temps pour des galéjades, des fadaises et encore moins des fariboles !
Pour les entrées, Christian, mon compagnon d’aventure, découvre de surprenants Escargots de Bourgogne hors coquilles, dans un coulis de tomates, jambon et beurre persillé, une première pour nous deux ! De mon côté, je succombe aux Croquettes de pieds de cochon désossés, accompagnées d’un Capuccino de châtaignes. Délicieux, mais le Capuccino mérite à lui seul le BIB Gourmand.
En plats principaux, Côte de cochon du Sud-Ouest avec sauce « Sakari », grasse à souhait, fondante et savoureuse. À côté, des Ris de veau laqués avec écrasé de pomme de terre, cuisson parfaite : moelleux à cœur, croquant à l’extérieur, et cette purée… simple mais d’une gourmandise absolue.
Petite parenthèse pour les curieux… la sauce « Sakari » est une spécialité basque, piquante mais pas brûlante, à base de piment d’Espelette, ail, tomates et huile d’olive. Goût fruité, texture épaisse et ronde, parfait compagnon des plats du Sud-Ouest.
Nous terminerons par deux belles assiettes de fromages dont du Chaource, une Bûchette de chèvre, un Bleu, du Maroilles, et un cinquième que ma mémoire trahit, mais qui pourrait être de la Mimolette !
Du côté de la théorie des fluides et pour accompagner tout cela, un magnifique Madiran Château Barréjat 2022, Cuvée des Vieux Ceps, vin de vieilles vignes de 80 à 200 ans, élevé en fûts de chêne. Robe sombre, nez de fruits rouges et sous-bois, bouche puissante, charnue et charpentée, avec des tanins fermes mais élégants. Parfait avec nos choix généreux du jour.

