
Chroniques d’un soir : le Cygne blanc et la tornade Fiona…
Après avoir dompté leur noble destrier, Llamrei (le GPS disait « vélo », mais bon), et nettoyé les écuries d’Augias avec un chiffon microfibre et une abnégation légendaire, nos Myrmidons des temps modernes reprennent la route. Objectif : trouver un lieu de becquetance digne de ce nom. À quelques encablures de là, une enseigne surgit comme un mirage dans le désert : Le Cygne Blanc. Tiens, tiens… Léda serait-elle planquée derrière le comptoir, en embuscade, un cocktail molotov dans une main, un rameau d’olivier dans l’autre ?
Pas du tout ! À la place, surgit Miss Fiona Byers… 150 cm, 30 kilos toute mouillée, mais une densité en énergie digne d’un réacteur nucléaire en talons aiguilles. Un concentré de poudre à canon, de chili mexicain, de rock celtique, et de tempête tropicale catégorie 4, avec un sourire qui pourrait réveiller un troll des cavernes. C’est donc elle, la barmaid la plus chaleureuse et improbable de tout Londres, avec qui nous engageons une conversation haute en roulades d’accents, version torrent du Connemara en crue.
À la classique question « Where are you from ? », notre fier quatuor des Amis de Grétry répond d’un chœur joyeusement désordonné : « Bin d’Liège, nom di Dju ! » Et là, magie des astres wallons, deux autres clients s’invitent dans le bavardage, ils ont bossé à la Gare des Guillemins ! Quant à Fiona, elle aussi possède des racines dans la Cité ardente. À croire que Liège est une franchise mondiale, comme Starbucks mais avec plus de boulets sauce lapin.
L’ambiance est à la fête, mais hélas, le Cygne ne sert pas à dîner ce soir, contingences mystérieuses, probablement liées à une prophétie oubliée. Qu’à cela ne tienne ! Fiona, aussi généreuse qu’un taximan après son troisième whisky, nous indique un plan B, à savoir « La Princesse de Prusse », un Sister-Pub salvateur où nous pourrons enfin remplir nos estomacs qui grognent plus fort que des sangliers syndiqués ayant une belle ardeur d’avance.
On se quitte dans un nuage de hugs, de kisses et de promesses floues mais sincères. Je suis presque certain d’avoir entendu l’un de nous fredonner « J’irais bien refaire un tour du côté de chez Swan…
Mademoiselle Fiona, merci pour votre accueil digne des légendes du Nord de l’Irlande et pour cette énergie enivrante. Si le destin nous ramène dans votre taverne magique, nous franchirons à nouveau son seuil sans hésiter.

