
Un coup de fil impromptu me propose un déjeuner. Je devrais refuser poliment, reporter le rendez-vous car ce week-end est déjà un enchaînement de tables et de festins. Mais voilà, j’aime beaucoup mon interlocuteur. Alors oui, j’accepte. Ma générosité et mon grand cœur me perdront… (Smiley !)
Comme il s’agit d’un lunch et que le temps presse, je propose de rester dans les parages et de retourner à la Storia di Micelli, où l’on propose un menu du midi en semaine. Moi qui ai l’habitude des repas qui s’éternisent, je m’impose aujourd’hui une rigueur de fer… ou du moins, j’essaie.
Résultat ? Nous optons pour le menu « Mezzogiorno » en quatre services. Vous voyez à quel point je suis ferme ! Un repas « light et rapide »… enfin, en théorie.
Nous débutons avec deux mises en bouche apéritives accompagnées d’un pain et d’un beurre artisanal. Puis vient une Caprese 2.0 : tomates fraîches de saison, crémeux de burrata fumée, sorbet de tomates rôties, et espuma à l’eau de tomate. Une belle entrée en matière, élégamment revisitée.
Suit un plat de spaghetti di Gragnano « Cacio e Pepe », où le Pecorino et le Parmesan dialoguent subtilement avec le poivre noir de Penja — simple en apparence, mais d’une redoutable précision.
Place ensuite aux suprêmes de volaille fermière farcis à la truffe, servis avec un crémeux de céleri, un jus réduit au Marsala, et quelques légumes de saison. Un plat d’une grande finesse, à la cuisson irréprochable.
Et enfin, la douceur exotique clôt le bal : Namelaka à la vanille de Madagascar, sorbet banane acidulée, mousse légère de coco et croustillant feuillantine. Un feu d’artifice final, aussi technique qu’ensorcelant.
Trois étoiles dans l’assiette… Tout était délicieux, mais trois éléments méritent, selon moi, une mention spéciale : La tartelette apéritive, pour sa fraîcheur désarmante, les suprêmes de volaille, d’une élégance rare, et surtout, la Namelaka à la vanille, qui a littéralement fait fondre mes papilles.
Petit aparté technique : la Namelaka, crème d’origine japonaise, signifie littéralement « ultra-crémeux ». Elle se situe quelque part entre une ganache montée et un crémeux, sans œufs, mais d’une onctuosité troublante. Une tuerie, tout simplement.
À boire : un super sarde, rien de moins ! Comme évoqué dans une précédente théorie des fluides, mon choix se porte à nouveau sur un Barrua 2020, un vin rouge sarde remarquable, fruit de la collaboration entre Agricola Punica, la Cantina di Santadi et la Tenuta San Guido (connue pour le légendaire Sassicaia).
Un rouge rubis intense, profond, au nez complexe de cerise noire, d’épices, de réglisse, avec des touches de sauge et de myrte. En bouche : de la matière, de l’élégance, des tanins souples, et une finale persistante aux accents de chocolat, de cassis et de caramel. Une très belle quille ! J’ai repéré un Cristo di Campobello pour ma prochaine visite (Blink !)

