
Ce midi, rendez-vous est pris avec mon alter ego de table, le bien nommé Sieur Olivier, parce qu’il faut toujours un complice pour partager les grandes découvertes… ou les erreurs de casting gastronomiques.
L’endroit ? Un certain Sottopiano, dont le nom résonne vaguement à mes mérangeoises. Déjà, ça sent la promesse. Le porche monumental nous accueille, on se croirait presque invités à dîner chez un duc toscan, si ce n’était ce petit courant d’air qui rappelle que nous sommes bien dans la vraie vie. À droite, la salle des agapes, haute de plafond, basse de lumière. Un décor étudié pour flatter l’œil… et légèrement compliquer la lecture du menu. La terrasse, quant à elle, semble prête à accueillir une délégation de diplomates.
Fabrizio règne seul sur la salle. Stoïque, il gère tout d’une main ferme…
Pour ouvrir les hostilités, des bulles et un Negroni, parce qu’il faut bien croire à l’apéritif salvateur. Vient ensuite la carte : un poème à l’italienne, qui fait rêver sur papier.
En entrée, le plat « signature » de l’établissement pour Olivier, à savoir un Risotto au safran, courgettes et scampis, et Ravioli ricotta-épinard au beurre de sauge pour ma modeste personne.
En plats, je choisis la suggestion du jour, des gnocchi, promesse d’enfance et de réconfort. Olivier, plus téméraire, se laisse tenter par le poulpe snacké, Caponata, poudre d’olive et huile aux herbes… soit la Méditerranée en compression aromatique.
Mon assiette me rend heureux, ce qui n’est déjà pas rien. Celle d’Olivier, en revanche, semble crier vengeance, il faut croire que le poulpe, cette fois, a gagné le duel.
Côté liquides, un blanc pour démarrer… Solo Sole « Poggio al Tesoro », Vermentino 100%. Un nez floral, une bouche saline, bref, un vin qui donne envie d’y croire encore. Puis, pour soutenir le moral, un rouge : Surrau « Pentima » Cannonau de Sardaigne 2021, aussi élégant que son étiquette. Fruits rouges, garrigue, vitalité… tout y est, sauf peut-être le petit frisson d’émotion qu’on espérait.
Enfin, la grappa, ce bonnet de nuit pour gourmets légèrement déçus, vient clore la parenthèse. On lève le verre, on se dit que ce n’était “pas si mal”, ce qui, dans le langage des gastronomes honnêtes, pourrait signifier “à refaire… ou pas ! ”

