RÖMER BEMBEL… UN DÉBUT PERFECTIBLE, DISONS-LE ÉLÉGAMMENT !

Nous sommes dans la ville de la saucisse…  Non, pas Toulouse, ni Montbéliard, mais la bien nommée Francfort-sur-le-Main !

Trois jours sous le soleil de Rhénanie, dont deux passés à officier en qualité de jurés au Trophée International des Spiritueux — version allemande de notre désormais classique escapade lyonnaise.  Autant dire que le palais est sollicité… et le foie en observation.

Premier jour, dédié à une exploration urbaine qui nous conduit du côté de la Römerberg, cœur historique de la ville, où trône fièrement la Fontaine de la Justice (Gerechtigkeitsbrunnen, pour les germanistes du dimanche).  Jadis, au temps du Saint-Empire romain germanique, cette fontaine avait l’élégante particularité de se transformer en fontaine à vin lors des couronnements impériaux.  Oui, vous avez bien lu : du vin !  Qui a dit que l’Histoire était ennuyeuse ?

Portés par cet élan culturel (et peut-être inconsciemment attirés par cette tradition liquide), nous décidons de poser nos augustes séants à la terrasse du « Römer Bembel ».  Une brasserie-restaurant typiquement… touristique.  Traduction : carte longue comme un jour sans pain, photos implicites dans la tête, et inspiration en vacances prolongées.  Mais bon, toutes les terrasses se ressemblant dans ce secteur, faisons contre mauvaise fortune bon cœur, et asseyons-nous dignement, comme si de rien n’était.

Par prudence (et probablement par lucidité ! nous optons pour une approche mesurée : un pichet de Sauvignon blanc pour votre serviteur, et une bière noire pour mon fidèle compagnon de dégustation, Pierre. Un choix réfléchi, presque stratégique.  Presque…

Ne souhaitant pas hypothéquer notre avenir gastronomique dès la première escale, nous partageons une « Frankfurter Grillplatte ».  Sur le papier : un festival.  Dans l’assiette : un congrès de la saucisse.  Jambonneau, côtelettes de porc, saucisses de Francfort, saucisses de Nuremberg, variantes grillées, fumées, accompagnées de choucroute et de pommes de terre rôties…  Un programme ambitieux, presque héroïque.

Dans les faits ?  Disons que la cuisine oscille entre le déjà-vu et le déjà-trop-cuit.  Le jambonneau a visiblement vécu plusieurs vies, le porc joue les seconds rôles un peu secs, et les saucisses… et bien, elles font ce qu’elles peuvent, les pauvres.  Bref, on est clairement dans de la « Bof-cuisine », sans suspense ni rappel.

Je ne m’étendrai donc pas davantage… parfois on gagne, parfois on apprend, et ici, on a surtout appris qu’il fallait garder ses forces pour la suite.

Car la suite, justement, s’annonce nettement plus réjouissante : cuisine perse, érythréenne, éthiopienne, et française au programme.  Autant dire que les réservations sont tout sauf anodines.  Là, on parle de tables qui ont quelque chose à dire, et, espérons-le, à faire oublier cette entrée en matière un peu… germanique dans le mauvais sens du terme.

Hédonistes, épicuriens, gastronomes… abstenez-vous mais si vous restez, vous êtes prévenus !

Date de la visite : mercredi 08 avril 2026 (Déjeuner)

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