MON AMIE MAXI… ATTENTION, LIEU DANGEREUSEMENT SÉDUISANT !

Nous nous baladions sur l’Avenue, l’estomac ouvert à l’inconnu mais pas à n’importe quoi… quand soudain, au détour d’un regard, ce fut toi.  Il aura suffi que la porte soit poussée pour être apprivoisés… (oui, Joe Dassin n’est jamais bien loin quand il s’agit d’histoires d’amour… même culinaires).

À vrai dire, la veille déjà, l’endroit m’avait fait de l’œil et je m’étais dit, là c’est « The Place To Be ».  Ce genre de lieu qui murmure à l’oreille : « Viens donc… ici, tu seras bien ».  Et il ne mentait pas.  Quelques marches plus haut, nous voilà plongés dans un décor à la hauteur de la promesse : élégant sans ostentation, luxueux sans lourdeur, avec cette petite « French Touch » qui fait toujours son effet.

Arrive Nicolas — Nico pour les intimes que nous allons devenir — avec cette prestance de Maître d’Hôtel qui rassure autant qu’elle impressionne.  Français presque impeccable (nettement meilleur que mon allemand, ce qui, reconnaissons-le, ne constitue pas un exploit), et pour le reste… nous finirons en terrain neutre, dans la langue de la perfide Albion.

Mise en bouche : Negroni pour Maître Pierre et pour le Gourmandiseur.  Équilibré, précis, sans esbroufe.  Le genre de cocktail qui annonce d’emblée que la suite sera sérieuse.

La carte ? Généreuse, mais pas brouillonne, enrichie de suggestions bien senties.  Œufs mayonnaise pour l’un — classique immortel — et escargots de Bourgogne façon Café de Paris pour l’autre.  Et là… ce beurre !  Mystérieux, parfumé, presque indécent.  Une recette jalousement gardée par le restaurant éponyme à Genève, mais dont seuls quelques initiés connaissent les grandes lignes : sa base est du beurre pommade mélangé à des échalotes, du persil, des anchois, de la moutarde, de la sauce Worcestershire, du curry, du jus de citron, et de la crème, parfois on y ajoute une larme de cognac.  Le reste ?  Secret défense !

On enchaîne sans fausse note, Steak tartare pour votre serviteur, et Boudin noir « à la Maxi » pour Maître Pierre, un boudin croustillant, escorté de pommes au Calvados, d’oignons frits et d’une purée bien lissée qui aurait sans doute tiré un sourire à Joël Robuchon.  Ici, tout est juste, simplement.

Dans le verre, un détour inspiré par le Beaujolais avec ce Saint-Amour « Grain de Folie » 2022 de chez Pierre Vessigaud.  Un vin qui joue la carte de la séduction immédiate, sans minauder : fruit éclatant, fraîcheur bienvenue, petite touche épicée… du plaisir immédiat, oui, mais avec assez de fond pour ne pas être qu’un simple flirt.

Pour conclure, un Banyuls de 5 ans signé Baillaury, ample, généreux, aux accents de figue et de pruneau.  Puis, comme un clin d’œil final — ou un baiser volé — un verre de Sauternes 1er Grand Cru Classé, Château Coutet 2015.  Et là, en une gorgée, nous voilà transportés aux Champs-Élysées, pas ceux de Paris, non, ceux des Anciens, réservés aux âmes nobles et héroïques.

Un déjeuner d’une rare justesse, sublimé par la présence de Nicolas, dont les conseils avisés et la discrétion élégante ont largement contribué à notre plaisir. De passage à Francfort ? Ne cherchez pas, vous venez de trouver !

Date de la visite : jeudi 9 avril 2026 (Déjeuner)

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