LE TROUBADOUR… TRADITION BELGE AVEC QUELQUES ACCROCS !

Premier restaurant de l’année, je suis à Louvain, pas Louvain-la-Neuve, le Louvain de Flandre, cette petite ville élégante où l’histoire médiévale et l’énergie étudiante cohabitent comme deux colocataires qui s’apprécient sans fin.  L’architecture gothique brabançonne séduit immédiatement, ne serait-ce que par son Hôtel de Ville, digne d’un décor de conte de fées, et le Grand Béguinage, havre de calme où le temps semble faire la sieste.

Pour ce midi, j’ai invité une amie, c’est elle qui a eu la brillante idée de visiter cette ville au patrimoine remarquable.  Après un petit « Googelage » pour trouver un restaurant sympa, je me suis retrouvé noyé sous un flot d’étoiles Michelin et de prix qui feraient rougir un banquier.  Finalement, on me conseille « Le Troubadour », censé représenter la cuisine belge traditionnelle, « digne des plus grands restaurants », dixit le site.  La promesse : une carte qui célèbre tous les classiques du Royaume. On va voir ça et on en reparlera…

Le restaurant est à deux pas de l’Hôtel de Ville, nous nous retrouvons face à une façade classique et élégante.  Une fois la porte poussée, on découvre un cadre chaleureux, cosy, très vieille école : bois, nappage classique, tables suffisamment éloignées pour ne pas entendre le voisin raconter sa dernière rupture amoureuse.  Un maître d’hôtel nous accueille dans la langue de Molière, un français impeccable et nous tend les cartes, elles aussi en français.  Merci Môssieu, on se sentirait presque dans l’hexagone…

Nos choix…  En entrées, Couteaux au beurre d’ail et Soupe de poisson d’Ostende avec bisque, rouille et toasts, et en plats, Sole à la meunière et Duo de calamars et de poulpes à la plancha.

Alors, verdict ?  Tout est bon, mais quelques couacs se font sentir.  Les couteaux sont d’une fraîcheur remarquable, mais la mâche requise pourrait servir d’exercice pour mandibules.  La soupe d’Ostende est généreuse, presque trop… mais la rouille ressemblait plus à une sauce cocktail qu’à une vraie rouille.  Le duo de calamars et poulpes, lui, est parfait, rien à redire.  La sole, en revanche… jolie taille, mais cuisson loin d’être meunière, beurre trop coloré (voire brûlé) et poisson trop sec, et la façon est totalement à revoir.  La purée, quant à elle… catastrophe !  On m’avait assuré une recette digne de Robuchon, le pauvre doit encore se retourner dans sa tombe.

Le vin, lui, sauve la mise, mais je n‘ai pris aucun risque en choisissant un extraordinaire Château Carbonnieux Pessac-Léognan 2020.  Une robe jaune pâle aux reflets verts, un nez d’agrumes et de fruits blancs, une bouche vive et équilibrée, ainsi qu’une finale délicate et persistante.  Bref, un vin élégant, qui ne se prend pas pour autre chose.

En résumé, « Le Troubadour » reste un établissement classique, agréable mais pas forcément inoubliable pour un gastronome exigeant. Louvain regorge de tables plus aventureuses et plus surprenantes pour le Gourmandiseur. Petit avertissement : la « dolorosa » peut piquer plus encore que les frimas de janvier.

Date de la visite : vendredi 2 janvier 2026 (Déjeuner)

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