
LE TEMPS DES CERISES… UN ÉTABLISSEMENT OÙ L’ON MANGE AVEC PANACHE !
Rendez-vous est pris ce jeudi à Namur pour une soirée placée sous le signe de l’écoute de l’autre, tout ça pour savoir si, comme le clamaient les mythiques Sparks, “This town ain’t big enough for the both of us”. Les colts étant restés dans leurs gaines et nos esprits en mode « très sages », font que notre soirée se passe en toute quiétude… enfin, tant qu’on ne parle pas cuisine. D’un autre côté, les estomacs commencent à rouscailler sec, du coup clôture des pourparlers et direction « Le Temps des Cerises », chez notre ami Dodo, qui nous accueille comme si nous étions les Barons de la becquetance.
Le restaurant est bondé, heureusement que j’avais réservé, sinon on aurait fini par négocier une table depuis la rue, avec des gestes de mime très dramatiques. Mais notre table est bien là et nous attend, et ayant l’estomac dans l’étalon et le gosier aussi sec que la steppe mongole, nous passons de suite commande avec une urgence digne d’une scène de western… pour une bouteille de blanc maison : le Béret Noir 2020 Saint-Mont, un vin du Sud-Ouest facile à boire, équilibré, et typique de son terroir. Dodo a vraiment le chic pour toujours nous dégoter des quilles qui sortent des sentiers battus — on le soupçonne d’avoir inventé un GPS secret qui peut flairer les beaux flacons.
Allez, c’est parti ! Saint-Jacques poêlées, beurre blanc et queue d’écrevisse au Kari des Îles… selon Stéphan, je cite : « une cuisson parfaite laissant le coquillage légèrement croustillant à l’extérieur et fondant à l’intérieur dans un subtil dégradé vers le cœur, l’excellente sauce venant exhausser la qualité de la chair. » Pour notre part, Christian et moi-même partageons (comme souvent) une Croustade de gros gris de Beuzet à la Namuroise et une Croustade de ris de veau aux morilles et champignons des bois. Rien à dire, tout est au top, et comme la tablée est essentiellement composée de très bonnes fourchettes, nous faisons tous grand honneur aux entrées… et malheureusement aux calories qui viennent avec, mais chut, que cela reste entre nous.
Passons à la suite de la soirée… Entrecôte de bœuf irlandais, sauce béarnaise maison pour Monsieur Christian, Groin de cochon, sauce Sambre et Meuse pour le Gourmandiseur, Ris de veau, sauce aux morilles pour Maître Stéphan, et enfin Choucroute aux 5 viandes pour Dédé-notre-Chef. Mes amis, quel festival ! La cuisine du « Temps des Cerises » répond vraiment à nos attentes… et probablement à celles de tout le quartier, tant les effluves et les fragrances pouvaient attirer un voisinage en maraude.
Le choix des plats étant très disparate, il me semblait judicieux d’accompagner ces mets par un vin « caméléon ». Mon regard tombe sur un Rouge de Saint-Hippolyte « Le Cerisier des Oiseaux », et je n’ai aucun mal à convaincre mes petits camarades à déguster ce très beau Pinot Noir. Juste un petit détail amusant : à Saint-Hippolyte, le Rouge de Saint-Hippolyte est une dénomination communale au sein de l’appellation Alsace, dédiée aux vins rouges élaborés exclusivement avec ce cépage… mais la dénomination ne peut pas s’appeler Pinot Noir. Curieux, non ? Bref, ce vin a un nez aux notes de fruits rouges (principalement de la cerise), une bouche aux tanins souples, une bonne structure, et une harmonie entre puissance, fraîcheur et profondeur, sans pour autant masquer le fruit. Je pense avoir fait le bon choix… et mon palais me remercie en silence (parce que je ne lui laisse jamais le droit de l’ouvrir, sauf pour déguster).
Une soirée entre gentlemen toujours prêts à croiser les couverts et à faire tinter les verres lorsqu’ils s’entrechoquent ! En fin de soirée, nous aurons droit à la compagnie de Dodo-la-cerise et à un de ses élixirs maison. Ouh là ! Mais il est tard Monsieur, il faut que je rentre Monsieur… alors que nous aimerions que ces moments ne s’arrêtent jamais, ou du moins qu’ils se prolongent jusqu’aux prochains plats.


