LE CONFESSIONNAL… RAPIÈRES, RIS DE VEAU ET GRANDS BOURGOGNES !

Athos, Porthos et Aramis, le retour !  Nos Mousquetaires du Roy ont reçu leurs ordres : une nouvelle mission les attend, retrouver Milady de Winter…  Mais auparavant, ils furent enjoints d’aller se confesser pour les innombrables crimes caloriques et gastronomiques – véritable flibuste gourmande – commis au cours de leurs existences de fins bretteurs.

Ces sybarites en puissance, davantage portés sur la vaisselle que sur le missel, déjouèrent habilement l’injonction en choisissant le « Confessionnal » de Dinant, lieu chaudement recommandé par le Sieur Aramis, ce Comus toujours prompt à partager son carnet d’excellentes adresses.

Une fois sur place, surprise !  Ils retrouvèrent une escouade des redoutables gardes du Cardinal de Richelieu avec qui, cette fois, ils ne croiseraient point le fer mais plutôt le… verre !  Car il faut raison garder et ne pas toujours vouloir sortir lame du fourreau ; on peut tout aussi bien croiser fourchettes et gobelets.  Quant à l’accueil de Dame Apolline, il fut à la hauteur de leurs attentes : franc, chaleureux et complice.

La terrasse est délicieuse et nos Gascons en profitèrent pour clamer haut et fort les besoins des « buvanvins » qu’ils sont, tout en parcourant la carte du jour, à la coque, à l’amour.  Les choix furent rapidement arrêtés : Asperges vinaigrette et saumon fumé, Cuisses de grenouilles au beurre d’ail, puis Quenelle de brochet à la bisque de homard.

À leur habitude, tout fut partagé, car la cuisine des bons vivants ne saurait souffrir l’égoïsme.  Que dire sinon que tout fut délicieux ?  Le pain y passa, les sauces furent essuyées sans la moindre honte et les assiettes retournèrent en cuisine sans conserver le moindre souvenir de leurs méfaits.  La meilleure préparation ?  Classement impossible !  Dès lors, comme à l’École des Fans, ils déclarèrent que « tout le monde a gagné ! »

Ce premier Opus fut arrosé d’un Pouilly-Fuissé 2024 Domaine Pierre Desroches, grand vin de Bourgogne s’il en est, digne représentant des blancs du Mâconnais.  Un Chardonnay élégant, minéral et généreux, aux fragrances de fleurs blanches, d’acacia et d’aubépine, escortées de notes de pomme mûre, de poire, d’une touche de noisette fraîche et d’un boisé aussi discret qu’un espion du Cardinal dans un confessionnal.

Mais je vous le dis, ces Mousquetaires sont fous ! ! En second Opus, ils décidèrent de se partager une épaule d’agneau rôtie au four et son ail confit, escortée de chicons, tomates et romarin, à laquelle vinrent encore s’ajouter deux ris de veau aux morilles.  Oui… quatre plats, trois bouches, et pourtant rien ne survécut.  Pas même une pomme Dauphine égarée sous la table (Blink !)  Et parlons-en, de ces pommes Dauphine maison !  Dorées, légères et gourmandes, elles rappellent immédiatement celles façonnées à la main par nos mères et grand-mères, ces héroïnes du quotidien capables d’atteindre la perfection avec une poche à douille et trois pommes de terre.

Pour soutenir cette seconde charge, nos fines lames firent appel à un Chorey-les-Beaune Domaine Maillard Père et Fils, un Bourgogne sincère et gourmand, moins aristocratique qu’un grand cru, certes, mais infiniment plus convivial… et parfois bien plus dangereux pour le niveau de la bouteille tant il se laisse boire avec la perfidie d’un duel gagné d’avance.

Ils regagnèrent ensuite la terrasse afin d’y retrouver les gardes du Cardinal avec lesquels ils eurent moultes échanges sympathiques, notamment une véritable ripopée d’adresses d’auberges et relais qui n’attendent désormais plus que leur passage.

Vous allez me dire : « Et quid de la mission dans tout cela ? »

Eh bien sachez qu’ils l’accomplirent de main de maître !  Ils découvrirent qu’au Confessionnal se cache une porte secrète…  Oui, oui, à la dérobée !  Et derrière celle-ci ?  Milady de Winter en personne, occupée à les espionner et prête à user de tous ses charmes pour les séduire.  Ils refermèrent aussitôt le réduit et la laissèrent à son sort, car chacun sait qu’il est des périls plus grands encore qu’un cardinal courroucé : une femme belle, rusée… et capable de commander du dessert.

De votre côté, n’hésitez point à aller parcourir la galerie du Gourmandiseur : vous pourriez bien y apercevoir la belle Milady et ladite porte mystérieuse…  À vous désormais de la découvrir lors d’une prochaine visite !

En vérité, nos Mousquetaires n’auront point trouvé rédemption en ce lieu… mais ils y auront découvert quelque chose de bien plus précieux : une table généreuse, des flacons inspirés et cette fraternité joyeuse qui transforme un simple repas en véritable aventure, car au « Confessionnal », on ne vient pas expier ses péchés de gourmandise… on vient les perfectionner avec panache !

Et tandis que Milady poursuit encore ses manœuvres secrètes derrière quelque porte dérobée, nos trois compères reprirent la route, le gosier heureux, l’estomac vaillant et le cœur léger, déjà prêts à répondre à la prochaine mission gastronomique confiée par Sa Majesté… ou par leur appétit, ce qui revient souvent au même.

Conclusions… Au « Confessionnal », point besoin d’absolution lorsque les plaisirs de bouche sont aussi divinement exécutés. On y vient pour festoyer, rire, partager et lever son verre à l’amitié, cette noble cause qui mérite assurément toutes les indulgences.
Et souvenez-vous de la devise de nos Gascons gourmands :
“ Tous pour un… et surtout un bon repas pour tous ! ”

Date de la visite : vendredi 22 mai 2026 (Déjeuner)

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