
LE CABOCHON… CRIME GASTRONOMIQUE ET CALORIES ACCEPTÉES !
Vous n’allez jamais me croire : je déjeune ce midi avec mon nutritionniste (Smiley !)
Je n’aurais jamais pensé faire une telle rencontre… et encore moins partager avec lui l’amour des belles tables. Mieux, il ne me parle pas d’abstinence, mais de raison. Autant dire que je l’aime déjà.
Rendez-vous est pris pour un moment de convivialité calorique en centre-ville. Malheureusement, impossible de nous installer dans le piège gastronomique de notre choix. À force de tourner en rond, je dégaine l’arme fatale : les BIB gourmands Michelin liégeois. Et là… Cabochon apparaît : Fiat Lux ! Un rapide coup d’œil sur le site, côté réservations, il y a de la place… En voiture Simone ! (Simone n’étant pas ma nutritionniste, pour la petite histoire.)
Cabochon, situé dans le complexe de bureaux Blue Point à Liège, occupe le rez-de-chaussée. L’endroit est lumineux et verdoyant, du moins la terrasse couverte à l’entrée. En été, une seconde terrasse côté rue complète l’offre. La salle intérieure est assez classique et épurée. Disons que rien ne distrait de l’essentiel, si ce n’est l’assiette. Et c’est très bien ainsi.
L’apéritif, ou comment tout a basculé… un verre de vin blanc pour commencer. Nous choisissons un Casalforte Garganega Veronese 2023 de Cantine Riondo (100 % Garganega). Et là… surprise ! (On se croirait dans « A Chorus Line », mais avec un verre à la main.)
Le Garganega, cépage blanc traditionnel du nord-est italien — notamment autour de Vérone — est la base des célèbres vins de Soave. Nous découvrons un vin blanc sec, gras, long et très aromatique, aux parfums de fleur d’amandier, de fleurs blanches et d’agrumes. Les agrumes reviennent en bouche, portés par une belle fraîcheur et une finale minérale nette. Bref, c’est le coup de foudre !
On se dit qu’avoir deux caisses en cave ne serait pas du luxe. À ce prix-là, ce serait presque irresponsable de ne pas être prévoyants. Évidemment, un second round s’impose, mais uniquement par pure rigueur scientifique.
À table ! La carte propose trois formules lunch, complétées par les suggestions du Chef.
Gourmands que nous sommes (et encadrés médicalement, je le rappelle), ce sera entrée-plat-dessert. Pour ma part, je remplacerai le dessert par une sélection de fromages — parce que l’équilibre alimentaire, c’est important.
En entrées, Tataki de saumon, sauce ponzu, huile de coriandre et pour moi, Lard confit, œuf 63° en meurette. Nous nous régalons littéralement. Pour les plats, choix commun, un Magret de canard aux épices, betterave et orange. Belle cuisson rosée, peau croustillante, purée de betterave relevée de quartiers d’orange, jus légèrement corsé servi à part. C’est précis, audacieux, parfaitement exécuté. Je comprends les distinctions reçues par la maison.
Le rouge de la sagesse (ou pas…) Je laisse mon ami Stéphan choisir le flacon qui accompagnera ces agapes. Son choix se porte sur le Duca delle Corone Primitivo Puglia IGP, un 100 % Primitivo des Pouilles. Rouge profond et brillant, nez intense de fruits rouges mûrs et confits, bouche ample et harmonieuse, tanins présents mais souples… Un vin charpenté, solaire, généreux, le Sud dans le verre. Mon nutritionniste parle de modération. Je réplique cohérence gustative.

