L’AUBERGE DES CANUTS… CHRONIQUES D’UN DÎNER (TRÈS) PEU RAISONNABLE !

À Lyon, côté bouchons, on a l’embarras du choix… les bouchons du tunnel de Fourvière (ceux où tu médites malgré toi), les bouchons du Beaujolais (ceux où tu médites… différemment), et les bouchons du Vieux Lyon (ceux où tu ne médites plus du tout).  Je ne vous surprendrai pas en vous disant qu’on a opté pour la troisième option.

Ce soir, cap sur le quartier historique.  Direction l’Auberge des Canuts, à deux pas de la Cathédrale Saint-Jean, avec en ligne de mire la majestueuse basilique de Fourvière. Après une après-midi à se perdre volontairement dans les ruelles pavées et étroites, à espionner les traboules (oui, on a joué aux explorateurs…), et à tomber amoureux de chaque cour intérieure au charme unique et à l’aspect presque médiéval, il était temps de passer aux choses sérieuses, à savoir, manger en mode BTBT (Beaucoup-Très-Bien-Trop.)

Le lieu ? Un vrai cocon lyonnais : ambiance chaude, presque confidentielle, poutres apparentes, pierres chargées d’histoire, une armée de bibelots qui te regardent dîner, et un bar vintage prêt à te faire oublier toute notion de modération.  Et puis Nadège… notre égérie de ce soir, cheffe d’orchestre de cette symphonie gourmande, qui veille sur nous avec une bienveillance royale (Numa n’a qu’à bien se tenir).

Côté mise en bouche, on attaque fort avec les “Communards”.  Oui, oui… on remonte sur les barricades de 1871 (clin d’œil appuyé) et franchement, si toutes les révolutions étaient aussi savoureuses, l’Histoire serait bien plus digeste.  Ensuite… comment dire…  Bin que la fête commence !

Ce soir, nous nous laisserons tenter par un classique de la gastronomie lyonnaise, à savoir un Saucisson brioché maison au cervelas pistaché (la brioche mériterait une standing ovation à elle seule), et un Caviar de lentilles de la Croix-Rousse (oui, même les lentilles peuvent être élégantes).  Ensuite, Petit salé fondant à souhait, Paleron de bœuf confit 10h (et dix heures, ça se sent à chaque bouchée), et le fameux tablier de sapeur, croustillant, généreux, accompagné de sa sauce gribiche.

Petit aparté gastronomico-culturel : le tablier de sapeur, c’est de la panse de bœuf taillée dans le bonnet, marinée et panée… mais transformée avec tant d’amour que même les plus sceptiques rendent les armes.  La gribiche, elle, est une mayonnaise maison agrémentée de câpres et de cornichons.

Verdict ?  Waouh !  Puis re-Waouh !  Et encore un p’tit Waouh pour la route.

Parce qu’évidemment, on n’allait pas s’arrêter là… Nadège nous glisse un “petit” trou normand revisité, un rhum arrangé à la praline de Lyon.  Refuser ?  Impossible !  Moralement, ce n’était pas envisageable.  Pause conviviale avec toute l’équipe (mention spéciale aux très sympathiques Alice, Mimi, Alicia et Thibault), puis reprise du marathon gastronomique.

Je joue la carte de la sagesse (pour une fois) avec un demi-Saint-Marcellin… tandis qu’en face, ça part sur un Colonel à l’authentique Marc de Bourgogne (extra égrappé) de chez Jacoulot.  Disons simplement que le Colonel a fini par perdre pied dans sa piscine

Du côté de la théorie des fluides, parce qu’il faut bien hydrater tout ça, un Saint-Joseph « Empreinte » 2022 du Domaine Verzier, cépage Syrah, élevé 12 mois en demi-muids comme entrée en lice, suivi d’un Mercurey 2022 du Domaine Meix Foulot, 100% issu du cépage Pinot Noir.  Deux très belles quilles, choisies avec un sérieux tout à fait relatif par mon complice du soir.

Alors voilà… que dire de plus ? Bravo à l’équipe en cuisine pour ces assiettes dignes d’un Bib Gourmand, respect à Romain Vericel pour préserver avec talent cette tradition lyonnaise, et surtout un immense merci à Nadège et sa joyeuse troupe pour l’accueil, les sourires et la générosité. Et toi qui passes par le Vieux Lyon… pousse cette porte, oublie ton régime et prépare-toi à revenir. Parce que oui… ici, on ne vient pas par hasard, et surtout, on n’y vient jamais qu’une fois !

Date de la visite : Dimanche 15 mars 2026 (Dîner)

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