
Dernier jour de notre escapade parisienne, bye-bye la 15e édition du Whisky Live ! Cet après-midi, retour vers le plat pays. On n’est jamais tout à fait heureux de quitter la Ville Lumière… Alors, fidèle à notre tradition, on s’offre un festin gargantuesque pas piqué des hannetons, histoire d’adoucir la douleur du départ… « Adieu Paris, je t’aimais bien, tu sais ! »
Pour ce dernier repas, mon choix s’est porté sur « La Tour de Montlhéry », plus connue sous le doux nom de « Chez Denise ». Renseignements pris, la cuisine y serait aussi roborative que généreuse, et l’ambiance, paraît-il, aussi bonne enfant qu’un banquet de fin de chantier. Tout était au rendez-vous, mais avant de passer à table, un peu d’histoire…
Un monument de la ripaille parisienne… « Chez Denise », autrefois « La Tour de Montlhéry », est une véritable institution. En 1966, Denise rachète le restaurant et y appose sa signature, transformant ce repaire des Halles en sanctuaire de la cuisine de jour et de nuit. À l’époque, Denise ne servait que des coups au bar, avant que les travailleurs du « Ventre de Paris » ne viennent y casser la croûte aux premières heures du jour.
L’endroit, ouvert 24h/24, a vu défiler tout ce que Paris comptait de noctambules, poètes, artistes et bons vivants, de Brassens à Johnny, en passant par les écrivains et les fêtards du tout-Paris. Aujourd’hui encore, les plats copieux et la convivialité XXL perpétuent cette glorieuse tradition.
Une fois installés, Maria et Nezha, nos hôtesses du jour, prennent les choses en main — de main(s) de maîtresses petites femmes ! Leurs conseils sont avisés, leurs sourires désarmants, et leur gentillesse… redoutablement contagieuse. On est conquis dès la première minute, avant même le premier verre.
Le cadet de la table, déjà corrompu par les bonnes habitudes familiales, lance d’emblée : « Et si on commençait par des escargots ? » Mais enfin, Môssieu le gamin ! Bon, allez, soyons fous. Quatre douzaines d’escargots, parce qu’après tout, la décadence, c’est aussi une forme de respect.
Viennent ensuite les vraies entrées… Foie gras maison pour Pierre (divin), Terrine du Chef pour moi (superbe), et des Os à moelle à faire pâlir un T-Rex pour le gamin et son Tonton.
En plats, Pierre opte pour le Haricot de mouton, spécialité de la maison (où, détail d’importance, c’est le mouton qui accompagne les haricots, et non l’inverse). Le reste de la tablée s’offre un « ABBA tour » : Cervelle d’agneau meunière, Rognons de veau sauce moutarde, et Tripes au Calvados. Rien à redire ? Non, tout est parfaitement exécuté, copieux, sincère et diablement bon.
Les fluides et les flots… Côté liquide, nous ouvrons le bal avec un Reuilly Claude Lafond 2023 (par Nathalie Lafond, vigneronne inspirée), puis nous embrayons sur un Brouilly maison, à la devise évocatrice : « À la Tour Montlhéry, je marche au Brouilly. » Réponse unanime : « Nous aussi ! »

