LA MEUNIÈRE… ENTRE TERROIR ET CUISINE DE CŒUR !

Nous poursuivons notre périple lyonnais.  Après l’extraordinaire — et franchement pantagruélique — déjeuner au bouchon « Les Fines Gueules », nous reprenons nos bâtons de pèlerins, direction « La Meunière », institution lyonnaise depuis 1921, un des temples du bouchon traditionnel où la cuisine est à la fois authentique, généreuse… et manifestement peu concernée par la notion de demi-mesure.

Personnellement, je me faisais une joie de rencontrer le Chef Olivier Canal.  Mais, en sa qualité de Président des Bouchons Lyonnais, il était retenu ailleurs, probablement en train de préparer son intervention du lendemain au Concours International de Lyon, raison (officielle) de notre escapade.  Nous avons néanmoins fait la connaissance d’Annick Roman, sa complice de toujours… et très honnêtement, il ne sait pas ce qu’il a raté (Blink !)

Après avoir partagé une tranche de l’Oreiller de la Belle Meunière — déjà une entrée qui pose les bases d’un certain engagement physique — nous voilà embarqués dans un véritable marathon, voyez plutôt… Fricassée de ris de chevreau, Tétine de vache persillée, Quenelle de brochet, crème d’écrevisse et riz pilaf.  Une cuisine généreuse ?  Non. Une cuisine très généreuse !  Tellement généreuse qu’elle finit presque par devenir un test de caractère.  Malgré toute notre bonne volonté et un sens du devoir exemplaire, il nous a été difficile de venir à bout des assiettes.

Problème bien connu à Lyon : enchaîner deux bouchons dans la même journée relève moins du plaisir que de la stratégie militaire.  On le sait, on se le dit, on se le répète… et pourtant, on replonge.  Deux bouchons, c’est trop.  Mais un seul, ce n’est pas assez.  Dilemme !  En conclusion, deux dans la même journée, c’est une brillante idée mais une mauvaise exécution car à Lyon, même les excès ont du goût, et le vrai danger ?  Dire oui une deuxième fois (Smiley !)

Côté vin, première tentative avec « Le vin des Copains » qui restera probablement un copain éloigné.  Nous nous sommes donc sagement repliés sur un Crozes-Hermitage « La Guiraude » 2022 d’Alain Graillot — et là, notre ami Pierre a clairement changé la physionomie du match.

« La Guiraude », pour les initiés, c’est la sélection des meilleures barriques du domaine — autrement dit, la version qui met tout le monde d’accord.  Le millésime 2022, très solaire mais parfaitement maîtrisé, offre un nez de cassis, de cerise noire, relevé d’une touche poivrée et épicée.  En bouche, une texture soyeuse, structurée, aux tanins fins, avec une belle fraîcheur minérale et une finale longue, légèrement saline.  Une Syrah élégante, droite, expressive, le genre de vin qui vous réconcilie immédiatement avec vos choix de vie.

Côté dièse : un service impeccable, sublimé par le sourire et le charme de Nunzia, subtil assemblage d’Italie et de Saint-Domingue… autant dire que le soleil avait trouvé refuge dans la salle. Côté bémol : le succès du lieu. Deux services complets le soir, tout de même ! Ce n’est pas exactement l’atmosphère que nous étions venus chercher. Il faudra clairement retenter l’expérience en semaine, à midi, loin de l’effervescence du week-end.
En attendant, « La Meunière », c’est avant tout un esprit fait de générosité, de convivialité et d’une certaine idée du bonheur à table qu’on ne peut oublier… jusqu’au prochain bouchon.

Date de la visite : samedi 14 mars 2026 (Dîner)

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