UN POUR TOUS ET TOUS POUR…
LA CUISINE DE YANNICK !

Vous vous rappelez Athos, Porthos et Aramis à l’Espièglerie il y a quelques semaines ?  Eh bien, ces vaillantes fourchettes ont remis le couvert — mais cette fois en pleine Principauté, dans la Cité Ardente.  L’élégant Aramis, toujours impeccable dans son choix de lieux, les a conviés à déjeuner dans son antre préféré.  Pour Athos et Porthos, c’est une expédition inédite : quitter la confluence de la capitale wallonne pour s’égarer — volontairement — à deux pas du Musée Curtius.  Une aventure gastronomique, foi de mousquetaire !

À peine installés, voici que le Chef, complice de longue date d’Aramis, vient nous saluer.  Un sourire, un clin d’œil, et l’affaire est faite : c’est lui qui mènera la danse, nous laissant deviner les pas seulement au moment où nous y goûterons.  L’ardoise ? Pure formalité.  Ce jour-là, elle ne servira qu’à nous inspirer pour un futur serment de retour.

Entre alors Dame Jamila, ambassadrice des agapes, portant une première entrée : un salmigondis de préparations rustiques relevé d’un Parmesan 24 mois — encore un gamin, mais déjà un sacré caractère.  Voyez plutôt : Culatello (le noble cousin transalpin du cœur de la noix d’Ardenne), un Effiloché de joues de bœuf, des Rillettes maison et Terrine du Chef, tout y est.  Les petits oignons, le fenouil, et le sirop maison disparaissent à une vitesse digne d’une charge de cavalerie.

La suite ? Ah, voici le moment où les mousquetaires vont peut-être se diviser : Museau de cochon pané, nappé d’une sauce faite-main flirtant avec la gribiche… mais non, un pour tous, et tous pour le museau ! Moi, perso, j’adore.  La table voisine est si intriguée qu’elle en commande… en dessert.  Si, si, parole de Mousquetaire du Roy.

Mais notre Chef ne connaît ni peur ni frein… surgissent alors deux beaux ris de veau aux champignons, escortés d’une réduction de jus qui les caresse délicatement.  Puis, comme si cela ne suffisait pas, arrivent des œufs meurette en cocotte, veloutés et parfumés.  L’un de nous songe à rendre les armes, mais Athos s’écrie : “Pas de quartier !”

Viennent alors les côtes de veau, dodues et rosées, mariées à des échalotes, anchois, citron vert, huile et tomates confites maison.  La chair fond sur la langue… et, soudain, on se dit que le paradis n’attend pas l’au-delà.

On refuse les desserts… naïfs que nous sommes.  Le Maître arrive avec un Parmesan d’avril 2016 accompagné d’un balsamique d’exception.  Pas une miette ne regagne la cuisine.  Puis, retournement : Athos réclame un Paris-Brest, qu’il avale… avant de demander le billet de retour.  Où met-il tout ça ? Mystère et estomac insondable !

Côté “théorie des fluides”, Dame Joëlle étant absente, nous nous laissons guider : d’abord un Mâcon-Cruzille « Clos des Avoueries » Monopole 2023, éclatant de fraîcheur ; puis un rouge de confiance, Marcel Richaud ’23 « à la source », et enfin, bouquet final avec un Beaumes de Venise Domaine de Durban 2021, vieilles vignes et mise au domaine.  Un trio gagnant digne de nos trois compères.

Conclusion : une chevauchée épicurienne sans fausse note, menée par un Chef qui manie aussi bien la poêle et le tournebroche que l’épée… ou presque, enfin, à voir (Smiley !)

Nous, humbles soldats du Roy et de la fourchette, Gente Dame et Nobliau des cuisines vous adressons nos révérences les plus sincères, pour vos mains qui transforment le simple en noble, le rustique en festin, et l’instant en souvenir impérissable, ensuite pour vos cuissons précises comme une estocade, vos sauces qui parlent d’amour et vos assiettes qui susurrent “revenez vite”… Nous levons nos verres, plumes et chapeaux, en criant d’une seule voix : « Un pour tous, et tous pour la cuisine de Yannick ! »

Date de la visite : dimanche 10 août 2025 (Déjeuner)

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