
LA BRASSERIE DU PORT DE CORPHALIE… UN PORT D’ATTACHE !
(AOP de Filochard, alias Olivier Bourdouxhe)
Préambule…
Celles et ceux qui suivent la page du Gourmandiseur auront remarqué que nos articles s’inscrivent dans une bienveillance assumée, même s’il nous arrive de trouver parfois l’un ou l’autre bémol. Nous sommes des contributeurs résolument hédonistes, désireux de vous faire saliver et de vous donner envie de franchir la porte des établissements qui nous ont plu. En ces temps difficiles, nous voulons non seulement vous apporter un peu de légèreté, malgré le sacrifice calorique que nous consentons pour vous (Smiley), mais également soutenir un secteur qui n’est pas épargné par la conjoncture. Nous vous livrons des impressions et des retours d’expérience, en accord avec nos sensibilités et en toute humilité.
Dimanche 25 janvier, 16h00, message du Gourmandiseur : « Qui veut gourmandiser ce soir ? ».
Dimanche 25 janvier, 16h01, réponse de votre serviteur : « Moi ! ».
Une non-négociation bouclée en moins de 10’. Trois heures plus tard, à 19h07 tapantes, nous voici attablés dans cet établissement relativement bien connu à Huy, situé en bord de Meuse. Si vous ne le connaissez pas, ne prêtez pas trop d’attention aux extérieurs, relativement trompeurs au regard de la qualité des plats proposés. Les plus impatients auront d’emblée deviné que nous recommandons la bistronomie proposée dans les assiettes. Le terme bistronomie n’a rien de surfait, parce que la qualité le justifie et que la gastronomie n’est peut-être qu’à quelques encablures.
Pour les lecteurs en attente des actualités à la télé ou de « Questions pour un champion », voici quelques impressions de notre soirée improvisée.
L’apéritif ayant été pris au préalable chez le Gourmandiseur, nous attaquons directement avec un Graves blanc du château Carbon d’Artigues 2024 qui offre une belle robe d’un grenat profond, un nez puissant et complexe aux notes fruitées, une bouche fraîche et durable. Revigorante entrée en matière, sèche et fruitée, sur des tanins onctueux, aux marqueurs indéniables de Sauvignon, pour accompagner deux mises en bouche : sardine chinchard relevée au wasabi sur un toast de pomme Granny, un mariage surprenant et totalement réussi, ainsi qu’un cromesquis de volaille, plus traditionnel mais correctement réalisé.
Le choix des plats sera très simple, puisque Bernard et moi prendrons en entrée des noix de saint-Jacques yuzu et Bas-Armagnac et en plat de consistance… un ris de veau. Ok, on ne se refait pas, mais là n’est pas une bonne raison de se moquer. Et le respect des traditions, qu’en faites-vous, mon bon môsieur et ma bonne dame ! Ces saint-Jacques, poêlées à merveille, fondantes à souhait et clairement non surgelées au départ, ravissent le palais, avec leur accompagnement notamment de choux de Bruxelles et de lardons. Trois délicieux cylindres qui invitent à la gourmandise et nous rappellent la finesse de ce produit.
Place à présent à notre autre plat fétiche, le ris de veau. Succulent ! Oui, rien que ça ! Et généreux en portion ! Une cuisson ici aussi maîtrisée, à ce point croustifondante que la chair glisse littéralement en bouche, avec de petits légumes et des copeaux de truffe qui subliment la préparation. Il n’y a pas à dire, la cheffe en cuisine connaît son affaire et fait preuve de créativité dans l’association des éléments.
Nous avons été bien inspirés d’accorder cette merveille solide avec un Faugères Saint Antonin Cazalet 2023 de chez Frédéric Albaret d’une belle complexité, sur des notes de fruits mûrs, d’épices, de cuir et de tabac blond.
Pas d’Irish coffee, mais un digestif, un gouleyant Bas-Armagnac de bonne facture qui viendra ponctuer une soirée restaurant encore bien sympathique.

