GUEULETON… L’ESSAYER, C’EST L’ADOPTER, PUIS Y REVENIR !

(AOP d’Olivier Bourdouxhe)

Les Pieds nickelés : le retour, au complet.  Au vu des agendas de chacun, ce rendez-vous tant attendu a mis des mois à se concrétiser.  Après une tentative avortée il y a quelques mois en raison de conditions météorologiques épouvantables et d’un épisode ferroviaire tout bonnement catastrophique, nous voici, enfin, chez Gueuleton Bruxelles.  Cette adresse, le Gourmandiseur l’avait déjà testée (voir le site), mais nous voulions, nous, la découvrir en chair et en liquides.  Pour l’anecdote, Gueuleton, c’est pour le Gourmandiseur et moi-même, un souvenir mémorable.  Voici quelques années, n’écoutant que notre curiosité culinaire, nous nous étions rendus à Lille, le temps d’une journée, dans le seul but finalement de tester leur établissement lillois.

Gueuleton, c’est l’histoire de Quentin, Nico, Julien, Arnaud, Arthur et de Vincent qui décident en 2013 de créer des repaires de bons vivants afin de partager leur plaisir de la table, en France d’abord, où ils comptent 22 enseignes, mais également en Belgique, en Suisse et au Québec.  C’est dire si leur concept marche !  Maîtres mots : convivialité, produits de qualité, carte adaptée selon le lieu, décor et style du personnel en salle caractéristiques, entrées à partager et viandes (d’exception) à découvrir sur le tableau du jour, sans oublier une carte des vins impressionnante et, à Bruxelles en tout cas, un sommelier de très bon conseil, en plus d’être éminemment sympathique, à l’instar des autres membres du personnel.

Fin du préambule, les palais ont soif, les ventres crient famine.  Le soleil nous sourit.  Profitons dès lors de l’apéritif en terrasse, dans ce bel écrin de verdure où Gueuleton a pris ses quartiers, à deux pas de chez Rob The Gourmets’ Market.  Première victime du jour : un Bon vin & Bons vivants 2023, de chez Sébastien Brunet, un Vouvray frais, tendu et d’une belle minéralité, prolongée par une finale persistante.  Ses notes délicates d’agrumes et sa tension minérale sont une agréable entrée en liquide.  Alors que nous sirotons notre premier verre, nous consultons la carte.  Le principe du partage est ici de mise.  Pas moins de 18 entrées sont proposées.  Nous n’en prendrons que… 7 : le Pâté Croûte de Veau Maison, le Gravelax de truite d’Ondenval, les Œufs mayo au chorizo, les Poireaux brûlés, crème fumée au foin, la Poitrine de Cochon et Coquillages, les Bonbons de cochon au Herve et les Gésiers de canard confits, crème d’ail.  Que dire ?  Uniquement que tout, absolument tout, nous a ravis.  Oubliez la gastronomie parloir alambiquée.  Ici, c’est une cuisine de terroir, au sens noble du terme, où les produits sont parfaitement sélectionnés, cuisinés à l’ancienne et, surtout, savoureux, avec des associations parfois tant audacieuses que réussies.  Personnellement, le pâté en croûte, la truite et la poitrine de cochon m’ont véritablement enthousiasmé.  Seul notre comparse Ribouldingue prendra deux desserts, un Pain-cramique perdu, auquel il doit encore penser maintenant, la salive au coin des lèvres, et un Colonel.

Et quoi, vous vous êtes limités à une bouteille de blanc en apéro, se demanderont certains ?  Que nenni, puisque défileront à notre table : un Chinon Les Grézeaux de chez Bernard Baudry, un Loire aux tanins nobles, caractérisé par un style juteux et gourmand, une belle concentration, une texture à la fois dense et soyeuse ; une bouteille de L’Espace Bleu Entre les Nuages, un Cahors 100 % Malbec, riche et complexe, offrant des arômes de fruits noirs (myrtille, mûre), de violette et des notes épicées ou boisées, à la fois frais, minéral et très fin ; puis un Bourgogne 2023 du Domaine Dureuil-Janthial, un pinot noir tout en gourmandise, caractérisé par des arômes expressifs de fruits rouges et noirs (notamment la griotte), des tanins souples, un fruit éclatant et une belle buvabilité.  Autant de quilles savamment proposées par notre sommelier et appréciées chacune pour leurs jolies qualités gustatives respectives.  Pour terminer et ne pas faillir aux traditions, une Vieille Prune de Souillac, un classique qui ne déçoit jamais.

Si vous ne l’aviez pas encore compris, nous nous creusons toujours les méninges pour trouver un bémol dans cette expérience culinaire. Une chose est sûre, nous reviendrons, notamment pour goûter une viande maturée, quitte à réduire le nombre d’entrées afin de laisser un peu de place pour la bidoche.

Gueuleton Bruxelles évoque immédiatement les belles et grandes tablées, la bonne chère sans complexes, les quilles généreuses et cette convivialité un peu canaille qui nous sied si bien. Des formules bien senties, des os à moelle assumés, des viandes triomphantes et peut-être deux ou trois crimes gastronomiques parfaitement prémédités… c’est tout le malheur qu’on vous souhaite !

Date de la visite : samedi 30 mai 2026 (Déjeuner)

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