DUCK AND WAFFLE… OU COMMENT DÉJEUNER LA TÊTE DANS LES NUAGES !

A peine levés après l’épisode « Le Gang descend sur Soho », premier mot du matin : « J’ai faim ! »

Couacomékiki… aurait dit Averell dans Tortillas pour les Dalton.

Un coup d’œil par la fenêtre confirme l’évidence : aujourd’hui, on va se faire arroser, voire rincer de chez rincé.  Une chape nuageuse noirâtre et une pluie en mode maous-costaud, climat londonien oblige… un temps à ne pas sortir la 317e, à peine digne d’un canard, et encore.  Mais bon, on n’est pas là pour faire la sieste sous la couette, alors nous prenons notre courage à deux mains et partons bravement à l’assaut des intempéries !

Le proprio nous a filé quelques tuyaux, dont un fameux restaurant « Roof-top » de folie où l’on sert, parait-il, des petits-déjeuners capables de ressusciter un régiment de Marines un lendemain de cuite à Okinawa. Challenge accepté !

Après avoir remonté le courant comme des saumons écossais un peu égarés dans les rues londoniennes, nous voilà devant la Sushi Samba Heron Tower, une tour de verre de 46 étages qui lorgne le ciel à 230 mètres au cœur de la City.  Là-haut, presque là où les oiseaux demandent la permission de voler, trône notre repaire : le Duck & Waffle.

On embarque dans un ascenseur vitré qui file vers le ciel plus vite qu’un bouchon de champagne sur le point d’exploser.  En moins de temps qu’il ne faut pour dire wasabi, on se retrouve au sommet de Londres, la Tamise serpentant sous nos pieds telle une écharpe de soie grise douteuse, et un ciel si plombé que même Voldemort aurait hésité à y suspendre sa cape.

Sans réservation, nous sommes relégués à l’antichambre du restaurant, un lieu où la déco mêle opéra tropical et jungle futuriste.  Ça scintille, ça bruisse, ça murmure dans toutes les langues.  Notre choix est vite posé, English Breakfast pour tout le monde, un petit-déjeuner de héros avec saucisse, œufs brouillés, bacon artisanal, tomate rôtie, champignon Porto Bello, galette croustillante, des haricots en sauce et un Cheese scone salé, crousti-moelleux. Après ça, je te garantis que tu tiens jusqu’au dîner !

Le lendemain, avec réservation cette fois, on a également testé les œufs colombiens : œufs brouillés, tomate, oignons cébettes, avocat et Sourdough toast élevé au levain, épais, rugueux, craquant comme un vieux parchemin oublié.

Allez, je vous fais la suite à la Lord Byron, ou encore mieux, à la Yeats… 

Sous un ciel de suie, tel un théâtre en fumée, où Londres s’étire en volutes dorées, nous déployons nos festins, chevaliers égarés, aux confins du vent, des ombres et des idées.  Chaque bouchée, un opéra, un chant de velours, Bacon en armure, pain noble au goût d’or, et si Shakespeare s’égare en son lointain décor, ici l’amitié danse, éclatante, sans retour….

À l’aube de ce second jour flou, entre une soirée trop longue et un souvenir hésitant à devenir nostalgie, le ciel soupirait encore sur Londres, fatigué d’être gris. Face à nos assiettes, on aurait juré assister à un banquet valhallien.

Le Sourdough toast, d’abord.  Pas un pain banal, mais un pain à convictions, élevé au levain sauvage avec une acidité discrète comme une moquerie bien placée.  À côté, le middle-cut Dingley Dell bacon, ce ruban de viande et de gras parfait, croustillant aux bords, tendre au cœur, issu de cochons réputés écouter Schubert entre deux siestes au soleil. Ce bacon te regarde droit dans les yeux et te dit : « Je suis l’Angleterre, mange-moi avec respect ! »  Puis le Hash Brown, humble guerrier doré du petit matin, une galette râpée, croustillante comme une confidence à mi-voix dans un pub encore endormi. Et enfin, surgissant comme une anomalie fromagère, le Cheese scone, petit, trapu, moelleux, à la fois beurré et effronté. L’intrus salé qui débarque à l’heure du sucré, imprégné de cheddar tiède, d’ironie fondue et d’un soupçon de mutinerie boulangère.

En vérité, je vous le dis… ce n’étaient pas de simples repas, ce furent des tables rondes culinaires où chaque ingrédient avait sa légende, ses batailles et ses chansons de geste.  Et nous, les Fabulous Four, face à ce festin, avons mangé comme des héros fatigués qui n’ont pas vu Bismarck depuis trop longtemps, mais savent honorer une institution britannique comme il se doit.

Entre nous, si jamais tu veux dîner la tête dans les nuages, un peu grisé par l’altitude et la carte, la Sushi Samba est une escale digne d’un carnet de bord d’astronaute élégant. Juste, pense à réserver… ou prépare-toi à t’accrocher, l’atterrissage n’est jamais garanti.

Date de la visite : samedi 19 juillet 2025 (Petit-déjeuner)

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