CASIMIR… ON AVAIT DIT RAISONNABLES !

Troisième et dernière table d’un week-end placé sous le signe du CGA 2026.  Cet après-midi, nous reprenons le train pour le plat pays qui est le nôtre.  Après avoir dignement honoré notre réputation de bons vivants – et effectué un crochet stratégique dans le Cantal – nous cherchions un refuge dans les environs de la Gare du Nord, sans pour autant nous exposer à sa faune en transit permanent.  Casimir nous semblait être la solution.  Et que oui !

À quelques pas à peine du tumulte ferroviaire, nous découvrons un lieu hors du temps.  Une impression de village de province au calme étonnant : ici, personne ne sprinte après un TGV, la vie s’écoule sans pic d’adrénaline.  Délicieuse parenthèse…

Grande terrasse en première ligne, puis un zinc bien achalandé qui garde un œil attentif sur ses deux salles d’une bonne quarantaine de couverts.  Pas de promiscuité, on respire, on s’installe, on commande deux verres de blanc et la carte.  La clientèle ?  Pas de voyageurs stressés, mais des habitués et quelques initiés convaincus d’avoir trouvé la bonne adresse… un peu comme nous, finalement.

« Raisonnables », avions-nous dit…  Tellement raisonnables que mon frérot propose d’entrée des huîtres spéciales de Monsieur Jean-Paul Guernier, Utah Beach n°3. Je le savais, je le savais !

En secondes entrées, Œufs mayonnaise à la poutargue et à l’estragon pour ma pomme ; pâté en croûte maison au foie gras du Sud-Ouest et au cochon pour mon alter ego.  Le pâté croûte ? Très beau spécimen, irréprochable.  Les œufs mayo ?  Mon bonheur personnel.  Une mayonnaise où l’estragon ne fait pas de figuration décorative, et une poutargue qui apporte ce supplément d’âme iodé.  Pour les non-initiés, la poutargue (poche d’œufs de mulet ou de thon) est souvent surnommée le « caviar de la Méditerranée ». Et ce n’est pas une usurpation.

En plats, Joue de porc confite, sauce royale au vin et légumes d’hiver pour moi.  Une assiette généreuse, profonde, presque enveloppante.  Mon fratello opte pour un grand classique, un tartare de bœuf français au couteau, tartine de moelle et frites.  Efficace, précis, redoutablement gourmand.  Mention spéciale au bœuf Wellington aperçu aux tables voisines : tentation manifeste, maîtrise de soi relative.

Pour escorter ces agapes, nous choisissons un Enclos 2022 du Domaine La Terrasse d’Elise, IGP Pays d’Hérault.  Un 100 % Mourvèdre, cépage sudiste, charpenté, structuré que j’affectionne tout particulièrement.  Grâce à un passage en barrique de quelques mois, ce vin ne manque pas de flatter nos capteurs par ses fruits noirs, ses épices, et ses notes de garrigue, ainsi qu’une légère amertume noble évoquant café ou cacao.  De la matière, mais aussi de l’élégance.

Raisonnables, donc pas de dessert.  De toute façon, vu la générosité des plats, l’hypothèse relevait de la fiction.  En revanche, une Chartreuse « Liqueur du Centenaire » et un Single Malt « D’un verre printanier » de l’excellente maison Benjamin Kuentz nous aideront à philosopher avec aisance et à converser joyeusement avec la table voisine, eux aussi issus de notre beau terroir.  À retenir : Casimir, avec un C comme Convivialité.

Après le verre de la maison, il est temps de regagner notre quai et d’entamer un voyage retour que l’on qualifiera pudiquement de digestif.  Vous comprendrez aisément que le paysage n’aura pas retenu toute notre attention.

Si vous êtes dans les parages de la Gare du Nord, ne manquez pas cette adresse. Un moment suspendu, où l’on se croirait presque dans « L'Île aux enfants » plutôt que dans le brouhaha des départs et arrivées. On y savoure des mets cuisinés avec savoir-faire et amour. Une chaude recommandation de l’équipe du Gourmandiseur !

Date de la visite : lundi 23 février (Déjeuner)

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