
Ce soir c’est retrouvaille ! Une fois tous les trimestres, une sacrée bande d’amies et d’amis qui ont usé les bancs de l’école ensemble se retrouve pour partager une table… à chaque fois j’ai l’impression d’être « Place des Grands Hommes » mais sans pour autant hurler « Patriiick ! » (Ça viendra peut-être un jour, qui sait). On s’était dit rendez-vous dans quarante ans, même jour, même heure, mêmes pommes… on voulait tous être heureux dans la vie, je crois m’en être sorti pas trop mal, et toi Roger ? Sevgi ? Eric ? Rosa ? Suzanne ? Et ben, c’est formidable, les copains !
Ce soir, le rendez-vous est pris à la Brasserie du Golf de Bernalmont, et franchement… Wow !
Jusque-là, je ne connaissais que de nom, et là je me suis retrouvé dans un décor de carte postale, un écrin de verdure façon « pause nature chic » dans un décor chaleureux et soigné, à mi-chemin entre charme discret et confort moderne. Une fois assis, franchement, on n’a plus envie de se lever. Sauf pour féliciter le personnel, aussi pro que sympa. Cerise sur le fairway, je tombe sur Benjamin, vieille connaissance reconvertie en sommelier-théoricien des fluides qui nous guidera avec talent.
Entrées ou pas entrées ? J’ai tranché et proposé des assiettes de salaisons italiennes, et de chipirons frits servis avec une tartare maison à faire pâlir un Basque. Verdict : on s’en est mis jusque-là… Darladirladada ! Un début d’anthologie !
Difficile de décrire tous les plats, chacun ayant sa spécialité, mais je peux vous parler de ma souris d’agneau, fondante, nappée d’un jus corsé aux fines herbes, accompagnée de grenailles crousti-moelleuses. Un petit poème. Autour de la table : Entrecôte brésilienne et son excellente Béarnaise maison, Filet américain préparé minute, Spaghetti al vongole (avec ail et piment doux… Mamma Mia !), Tagliata di Manzo (de la Holstein Môssieu, pas de la vachette de Féria) avec ses pâtes et une Salade César un peu timide, qui a laissé Rosa sur sa faim. On lui pardonne, elle devait être intimidée… (la salade, pas Rosa !)
Et là, Benjamin dégaine « Ze » bouteille, un Nemesi Malvasia 2019 de la Masseria Incantalupi des Pouilles, sud de l’Italie. Un 100 % Malvasia Nera di Brindisi, élevé 6 mois en fûts de chêne français, rien que ça.
Un rouge profond, parfumé à la cerise mûre, à l’amarena, avec une petite pointe de réglisse et, en bouche, une finale qui fait penser à l’orange sanguine. Une petite merveille ! On l’a (enfin, on les a) bu lentement, religieusement… et avec bonheur. Merci Benjamin, tu vises juste comme toujours, ta réputation n’est pas usurpée.
Café, rhums et Chartreuse, et cette impression douce-amère que la soirée touche à sa fin… Mais quel final ! Des rires, des chants, des souvenirs, de l’amitié bien ancrée. Nous, quoi !

