
BONHEUR SIMPLE… THE FABULOUS FOUR, MISSION SPÉCIALE EN THAÏLANDE !
Rapport d’agents doubles ayant troqué leur Walter PPK contre des baguettes et une cuillère à soupe…
Rapport confidentiel – Mission “Bonheur Simple” – Code Delta Pad Thaï – Classification : Top Gourmand
Depuis qu’ils ont quitté le 17ᵉ parallèle nord et ont été recrutés par les services spéciaux, nos quatre agents « Double Zéro » – désormais détenteurs d’un permis de gourmandiser – se sont vu confier une opération de la plus haute importance : infiltrer un restaurant thaï et détecter toute atteinte au bon goût. Voilà qui promet une intrigue pleine de curry rouge, de basilic thaï, de citronnelle, de soupe Tom Yum brûlante et de mangues sucrées à faire rougir un agent secret. Les Fabulous Four, smoking tropical sur le dos et nœud papillon en feuille de bananier, ont débarqué sur zone avec la détermination d’un Commandeur Bond en pleine traque… mais avec l’estomac d’un moine bouddhiste au lendemain d’un jeûne prolongé.
Objectif du jour : trouver le Bonheur Simple sans pour autant augmenter son “tour de Thaï”. Mission délicate !
L’établissement, chic et feutré, joue la carte du minimalisme : tables espacées, lumières discrètes, alcôves confidentielles, service précis et aimable. Pas de blink-blink criard, pas de surcharge décorative façon carte postale de Phuket, ici, la Thaïlande s’exprime en sourdine.
Les propositions, courtes mais étudiées, font hésiter l’escouade. Menu ou à la carte ? Finalement, la seconde option l’emporte. Nos agents choisissent deux entrées et un plat chacun – signe qu’ils ont plus de munitions qu’annoncé au briefing !
Les entrées… Tom Yam Kung (légèrement sous couverture d’épices), Gyoza maison façon Sichuan, (O) Tempura (O Mores) de Crabe Soft Shell (Tainted Love peut-être ?) au Curry jaune, Ravioles de homard et sa bisque au whisky thaï. Les plats… Émincé de bœuf sauté à l’ail, poivre noir et coriandre, Magret de canard sauce tamarin aux fruits des bois, Caille désossée croustillante à l’ail des ours, et Scampi au curry rouge et lait de coco.
Verdict : tout est bien exécuté, les assiettes sont visuellement irréprochables, les cuissons techniquement maîtrisées, mais à mes yeux et papilles, l’exotisme est manifestement resté à la frontière du Triangle d’Or, et les saveurs sacrées des épices thaïes manquent à l’appel, c’est le seul bémol que je m’autoriserai à proférer car tout était très bien.
Du côté de la théorie des fluides, nous avons commencé par un Pinot Gris « Les Murets » de 2023 de chez Edmond Rentz, plaisant mais liquoreux, il aurait très bien pu accompagner un foie gras. Virage à 180° pour le deuxième flacon, un Viognier « Elisabeth », cuvée 2024 du Domaine de la Baume, très plaisant. Place maintenant aux rouges avec un Saumur Champigny « Vieilles vignes » de 2023 en provenance du Prieuré d’Aunis, jeune, plaisant, mais un peu frêle, il manque un peu de charpente… nous passerons alors sur un Saint Nicolas de Bourgueil « L’Aulnay » vieilles vignes qui remporta tous les suffrages, unanime victoire. Final sur un Irish Coffee… mais l’Irish s’est vu remplacer par un Scottish. Bon, certes, mais au royaume des appellations, cela frôle la couverture grillée.

