
BON VIVANT… CHRONIQUE D’UN PÈLERINAGE BACHIQUE ET GOURMAND !
Le Gourmandiseur et son irremplaçable alter ego sont de retour à Paris Expo pour le Salon de l’Agriculture, mais surtout pour le mythique Concours Général Agricole, un rendez-vous que nous ne manquerions pour rien au monde (même pas pour une raclette gratuite, c’est tout dire !) Jurés depuis 2014 pour les eaux-de-vie françaises, le CGA est pour nous un véritable pèlerinage. Un moment suspendu où l’on parle terroir et passion avec un sérieux quasi monastique. C’est aussi l’excuse parfaite — assumons-le — pour découvrir quelques belles tables de la Ville Lumière et vous les partager. Ce week-end, trois adresses au programme, dont Bon Vivant pour ouvrir le bal.
Restaurant jeune et chaleureux, fait de coins, de recoins et d’une alcôve où règne en maîtresse la sémillante Marta, qui prendra soin de nous tout au long du repas. Très vite, la conversation s’engage. Marta vient d’Italie, son accent chante comme celui de Gina Lollobrigida dans les 70s, et son sourire illumine la salle façon Anita Ekberg dans La Dolce Vita de Federico Fellini. Autant dire que l’accueil est déjà un plat en soi.
Premier repas, première gourmandise… On sait qu’on ne devrait pas, mais il y a toujours un imbécile (souvent moi) pour fredonner : « Quand faut y aller, faut y aller ! » Nous entamons donc avec une poêlée de cœurs de canard et champignons, afin d’ouvrir l’appétit et d’accompagner notre premier verre de blanc. Pour une “petite” assiette à grignoter, c’est déjà du sérieux. Le serveur me glisse à l’oreille : « … et vous n’avez encore rien vu ». Il ne mentait pas le bougre, et j’aime les gens qui ne mentent pas, surtout avant le deuxième verre. (Smiley)
Côté liquide, un superbe vin Corse, un Vermentinu 2021 AOC Patrimonio du Domaine Jean-Baptiste & Antoine Arena. Texture soyeuse, nez floral, bouche gourmande aux fruits à chair blanche et citron confit. Parfait pour lancer les hostilités (Blink !)
Arrivent les entrées… Saint-Jacques gratinées, sabayon au vin blanc et Pangratatto… « OMG ! » comme aurait dit Napoléon (en corse, probablement). Trois généreuses coquilles dignes des pèlerins de Compostelle, chacune abritant deux noix dodues barbotant comme des naïades dans un sabayon crémeux, coiffées de cette chapelure croustillante dite “du pauvre” faite de pain rassis, sautée dans de l’huile d’olive avec de l’ail, des herbes jusqu’à ce qu’elle soit dorée et très croustillante. Franchement, si c’est ça être pauvre, je signe tout de suite. Mon alter ego opte pour une salade tiède de potimarron, Scamorza, feuilles rouges et orange sanguine. Plus sage en apparence, mais tout aussi solide en bouche. Évidemment, nous partageons, la fraternité gastronomique ne connaît pas de frontières.
En plats, Côte de cochon panée du Perche, frites maison, mayonnaise au sirop d’érable pour mon fratello, et pour moi, Pressé d’agneau de Sisteron, patates douces et pleurotes. Tout est de belle facture, savoureux, généreux. Ici, les portions ne pratiquent pas la « shrinkflation ». Nous jetterons d’ailleurs le gant avant la fin du combat. Heureusement, Marta garda le pouce levé, nous en sortons vivants, mais heureux.
Du côté de la théorie des fluides, un très beau Lirac rouge 2019, Château de Montfaucon « Baron Louis ». Un assemblage dominé par le Grenache, complété par Syrah, Carignan, Cinsault et Mourvèdre. Nez expressif de fruits noirs, d’épices et de réglisse, bouche ample et soyeuse, tanins fins, finale longue aux accents de garrigue. Le genre de vin qui vous regarde droit dans les yeux et vous dit : “On continue ?”
Nous terminons, comme à l’accoutumée, par cafés et Chartreuses (la tradition, c’est sacré !), avant de nous voir offrir par la maison une surprenante liqueur « Le Chemin des Moines » de la Distillerie de Grandmont. Élaborée près de Limoges selon des méthodes traditionnelles à base de plantes et d’ingrédients naturels, elle évoque les élixirs monastiques d’antan. Pour la santé et la spiritualité, je ne me prononcerai pas, mais pour la convivialité, c’est un 10/10… Amen !

